Lièvres et tortues à Etampes

10 km d’Etampes – 22 février 2015

Une semaine avant d’aller encourager les qualifiés du NAC aux championnats de France de cross, une quarantaine de fanatiques sont descendus en province (si, pour un Nanterrien, le fin fond de l’Essonne, c’est la province) pour continuer sur 10 km leur croisade hivernale, après les cross et Vincennes, et avant Rambouillet, Aubergenville, et le Graal : le marathon de Paris. J’espère que vous avez du temps : c’est plus long qu’une séance…

Les groupes d’Abdel et de Samir (disons les chevaliers et la chair à canon) s’étaient donné rendez-vous sur le parking du Carrefour. Pas très glamour pour un pèlerinage en terre sainte du 10 km, classé 7è 10 bornes le plus roulant d’Île-de-France, d’après un classement cité par Stéphane à la source aussi mystérieuse que les critères. Roulant mes fesses : des virages serrés, des montées et même des pavés ! Et le 10 km de Roubaix est 1er de France ??

Nettement plus glamour, Vanessa, qui pourtant ne courrait pas, s’était levée dès potron-minet (alors, Google…) pour distribuer les dossards aux coureurs qu’elle avait elle-même inscrits. Merci à elle. Qui nous remettait aussi de la part de l’organisation un joli mug coloré, plus original que le sempiternel (retour Google…) maillot de la course. Perso, des maillots, j’en ai déjà accumulé 12 en un an et demi de pratique, mais je ne vais pas passer à deux entraînements quotidiens pour les porter. Bref, après la course, ce mug est parfait pour boire sans se brûler ni renverser le bon chocolat chaud de Samir ou le café encore tiédasse du plumitif (là c’est pour vous faire bisquer ; fallait pas fermer Google !), qui n’a manifestement rien compris au fonctionnement d’une bouteille isotherme, comme le lui a fait remarquer Geneviève après avoir manqué le podium V2F. A Rambouillet, mission café pour l’insolente.

Puis retour aux voitures pour se changer, de l’autre côté du Carre-ouf pour certains qui ne se sont pas garés avec les autres. C’est là qu’on comprend toute l’utilité centralisatrice de la tente du NAC et qu’on regrette d’avoir oublié de la prendre. Et comme on est déjà arrivé un peu juste question timing, tout se bouscule. Ça n’a l’air de rien, la course à pied, mais on n’arrive pas sur une compétition les mains dans les poches à cinq minutes du coup de feu. Sauf si on s’en fout de partir en queue de peloton et de prendre une minute dans les dents sur son chrono avant même d’avoir franchi la ligne de départ ; de s’asphyxier dès le début parce qu’on a zappé l’échauffement qui aurait permis de faire monter progressivement la température du corps et le rythme cardiaque ; et d’imiter Yoann Diniz en pleine course parce qu’on n’a pas eu le temps de passer aux toilettes. J’ai finalement séché les accélérations de fin de mise en train pour profiter des toilettes propres, confortables et surtout étonnamment dépeuplées de la salle d’accueil (bon point pour la course). Conséquences fatales : départ trop rapide, rythme en montagnes russes… Tiens, profitons-en pour examiner les différentes stratégies pour tenir ce fameux « rythme ». Ben déjà, ça a l’air bête, mais son rythme, il faut le connaître. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde, même après six mois d’entraînement. C’est pour ça que les coachs disent qu’il faut noter ses chronos – et les partager entre coureurs. Sans pour autant se sentir obligé de remporter le championnat de macros sur Excel – dommage que ça n’existe pas, j’aurais enfin une chance de faire un podium…

Ensuite, l’idée, c’est au moins de concrétiser en compét’ ce qu’on fait à l’entraînement. Malik, par exemple, il pète tout en séance, et quand il arrive sur une course, on en vient à se demander si ce n’est pas carrément la première fois qu’il enfile des chaussures ! Après, évidemment, on a des regrets, on se dit « je suis parti trop lentement », « j’étais pas fatigué à la fin » (faire attention à qui on parle), « je vaux tant »… Bla bla bla ! Tu vaux ce que tu fais, alors fais ce que tu vaux (à quoi la marque à la virgule a bêtement préféré l’incorrect « juste fais-le »). Et c’est pas le tout de connaître son rythme, il faut savoir son rythme de quoi. Dominique, il fait sa course, il se sent bien, il est régulier, il arrive, il regarde son temps, et c’est son rythme de footing ! Tu m’étonnes qu’il se sent bien.

Bon, là, c’est pas fait exprès, alors on pardonne. D’autres sont plus vicieux. Genre Stéphane. Il est malade, il vient quand même parce qu’il aime courir et il aime le club, du coup il t’annonce qu’il court « tranquille », mais tu ne le vois quand même pas de la course parce qu’il est trop loin devant. Ça énerve.

Tant qu’on y est, faire aussi attention à côté de qui on parle de rythme.

  1. : « Je ferais bien un 10 kilos tranquille. »

Un des sept Olivier du NAC : « Tiens, moi aussi.

– Genre en 3’40… [NdlR : pour les neuneu(e)s qui se reconnaîtront, il s’agit de minutes par kilomètre ; là ça donne 38’ sur 10 km.]

– Ouais… 3’40, 3’45…

– … Ah, pardon, B., on t’avait pas vu. » Poli, il a rougi.

Bref, au lieu de chambrer, tu peux te rendre utile en faisant le lièvre. Comme ce vilain Thibault (voilà, j’ai balancé) pour Yasmina, qui finira 3è fille juste derrière Béni 2è. En passant, sympa ce duel Yasmina/Béni cette saison. C’est pas pour mettre la zizanie dans le club, mais la première (je veux dire la première nommée ; qui est la deuxième arrivée des deux ; et troisième au classement ; vous suivez ?), bref Yas’, n’a-t-elle pas payé d’être abandonnée dans le final par le vilain Thibault, occupé à finir devant Abdel qui faisait le lièvre pour la deuxième (cf. plus haut) ?

Utiliser un lièvre est une bonne méthode, mais s’il est bon. Hamlili, par exemple, est impressionnant : il peut se mettre à n’importe quel rythme pour n’importe qui et ne plus en bouger. Et ça a l’air bête, mais c’est comme si on se faisait tracter pendant la course. En bonus, il vous coache aussi toute la course, il encourage tous les Nacards qu’il croise et prend tout le monde en photo et en vidéo.

Tiens, ça, c’est un truc sympa de ce 10 km à Etampes : dans la boucle de 5 km, une partie du parcours en longe une autre. Donc les coureurs de tous niveaux peuvent se voir et s’encourager – enfin, ceux qui ne font pas la gueule. (Et pis je faisais pas la gueule, je souffrais.) Dans la catégorie des bons lièvres, comptons bien sûr David, certes moins omniprésent qu’Hamlili, mais dont nous retrouvions le sourire avec plaisir au NAC, lui qui s’est malheureusement fait plus rare. Il accompagnait Audrey (2è espoir féminin…sur 2) pour la deuxième fois, largué par sa femme – sur la course uniquement. Le choix par le lièvre du coureur à tracter est tout aussi important. Revenons à Dominique – celui qui confond les compétitions avec ses footings en bords de Seine. Il a accompagné Marilyne. Il a voulu faire le gentleman, il est resté avec elle toute la course. Sauf que Marilyne, c’est peut-être une Ferrari (ou une Mini Cooper), mais il faudrait qu’elle fasse réparer : elle s’est arrêtée trois fois au stand ! Il aurait dû faire comme Najoua avec Mickey à Vincennes. Remarque, Mickey n’était pas là et comme par hasard Najoua a abandonné. Blessée qu’elle dit. Un seul partenaire vous manque…

Car s’il n’y a pas de lièvre, courir à deux est très utile. Façon fusionnelle comme Priscilla et Marc – qui m’a dit à l’arrivée, la main sur le cœur, les doigts croisés et le souffle court, avoir laissé Priscilla franchir la ligne la première par pure galanterie. Mais le classement officiel le place devant. Sûrement à cause de sa pointure de pompes… Ou par un heureux hasard, comme Karima qui a vu Stéphane courir pas loin. Qui sait si ça l’a aidée à prendre la 2è place chez les Vétérans Femmes ? Ou même sans le savoir, comme Fatma, qui, dans le 8è kilomètre, a vu surgir à sa hauteur un Nacard providentiel pour s’aider sur la fin de course. Mais il n’est pas resté longtemps. 300 m plus loin il décrochait pour retourner dans son ombre. Au moins Fatma a-t-elle compris pourquoi elle se sentait plus lourde que d’habitude : c’était pas sa blessure, elle traînait un Nacard caché. Qui l’a donc fait échouer aux pieds du podium Vétérans, mais en a profité pour taper son record, même de 2 secondes ! Et a ri jaune en plein sprint final en entendant coach Abdel lui déclarer sa flamme d’un vibrant « mais c’est que tu commencerais presque à être bon ! »

Si d’autres ont amélioré leurs meilleures perfs, c’était naturellement plus rare deux semaines après l’hécatombe de records de Vincennes : bravo donc à Manon (qui en plus n’a pas vomi et échappe donc de justesse au surnom) ; à Adeline (je n’ai pas entendu la fin de sa phrase quand elle m’a passé en coup de vent) ; à Malik, forcément (lire plus haut) ; et à la formidable Micheline, Hamlili-coachée, qui a explosé son record, vu que c’était son premier 10. Sans record, d’autres avaient la satisfaction aussi puissante d’atteindre leurs objectifs. Ainsi Julien, qui retrouve la forme (dire qu’il n’est pas encore au top…) ; ou Rogedi, descendu sous les 20 minutes sur le 5 km (le voyant encourager, j’ai cru qu’il avait abandonné ; on n’est pas lucide en course), et qui a mis un point d’honneur à devancer Coumba ! Elle s’en fout, elle a gagné la course féminine. Outre ces 5 podiums féminins, Houcine a préparé le championnat de France de cross en montant sur la 3è marche en Vétérans – et à la première place du club. Il était venu bien sûr avec Mansour et Mimoun, mêmes gabarits, mêmes sourires et mêmes chronos ! C’est connu que les triplés se servent de leur gémellité pour se remplacer…

Bravo aussi à tous les non-cités et bon courage aux sept NACalifiés aux France de cross ce dimanche : Adrien et Khaled (handisport), Mahieddine, Houcine et Cyril (vétérans), Naoile (cross court), Valentin (cross court).

Bruno

Toutes les photos d’Hamili sont dans la médiathèques, ici

Et les résultats sont là.

Une réflexion au sujet de « Lièvres et tortues à Etampes »

  1. Bonjour,
    Juste un grand merci à Hamlili qui m’a coaché tout au long de ma course.
    C était ma premiére course avec le N.A.C. ( 10km )
    Un grand merci aussi à toute l’ équipe du N.A.C pour leur solidarité, l ambiance et leur sympathie.
    Je vous remercie pour vos en couragements.
    Sportivement votre.
    Micheline

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