Au NAC, on ne court pas un semi à moitié!

Semi-marathon de Rambouillet – 8 mars 2015

 

Jour de semi pour le NAC, entre la Forêt de Rambouillet et la capitale, par un magnifique dimanche de printemps. Pour une fois on va essayer de faire court (le semi-marathon, pas l’article), comme Béni et Houcine, 3e et 5e de leurs catégories. Avec du Erwan Dayon dedans.

Et à quoi ça sert de courir un semi-marathon ?

A rien, évidemment. C’est comme courir en général. A la rigueur ça aide à choper le RER pour venir à l’entraînement (pour en repartir, c’est mort, plus de jambes). Ou à lâcher un éventuel agresseur (qui ne peut pas être un Nacard, sinon c’est foutu, on se fait rattraper ; et un Nacard, il serait plus malin, il viendrait juste récupérer la foultitude d’affaires que vous avez oubliées dans les vestiaires ou pendant une course, en plus ni le gardien ni le club ne lui en voudraient, ça débarrasse). J’aimerais dire qu’on court pour le plaisir, mais on est d’accord que c’est complètement maso. Pour la performance ?? Sur 10 km, je veux bien. Sur 800m à Saint-Maur tous les mercredi soirs, ok. Même sur 30, 50 ou 80 bornes à l’Ecotrail. Mais sur 21,0975 km ???

Non, le truc du semi, c’est qu’on le court pour se préparer à autre chose. Je lance direct le débat : un semi prépare-t-il à un 10 km (oui, parce qu’on a à peine franchi la ligne qu’on se demande si on va courir à Aubergenville quinze jours plus tard) ? D’aucuns disent que ça débride de courir longtemps, qu’après un semi un 10 km ça paraît facile. Sauf que ça ne te fait pas aller plus vite. D’autres au contraire affirment que pour se « débrider », il faut habituer son corps à une vitesse plus élevée que celle de sa course, et donc faire du court (donc un 5 km) ; c’est le principe du fractionné. Sauf qu’il faut aussi travailler l’endurance fondamentale pour tenir la distance.

Nombre de Nacards avaient leur opinion au départ du semi de Rambouillet : on ne s’est pas fait ch… à s’entraîner, à se lever à 6 plombes du mat’ et à faire 80 bornes en bagnole pour faire un footing sur une course ! Ceux de Paris avaient un argument massue de plus : vu le prix du dossard, ça fait un peu cher la sortie longue. A noter une bonne idée des organisateurs du semi de Paris : pour la première fois, le parcours est l’inverse de celui de l’année précédente. Donc c’est intéressant de le faire deux années de suite, pour le courir dans les deux sens. Inconvénient bien connu : sortir des embouteillages du départ, malgré les sas, vu qu’il y a 20 000 concurrents. Théodore dit ne pas avoir été gêné. Je le soupçonne de vouloir ainsi échapper à la pression sur le chrono ! Pression que fuit également Adeline. Qui fuit quand même vite. Quant à Maxence, il en a profité pour parfaire sa condition de nouveau triathlète. Il a quand même dû être surpris de ne pas voir de film pendant la course, lui qui s’entraîne sur son vélo d’appartement devant sa télé pour tuer le temps.

A Rambouillet, pour tuer le temps, on peut déjà faire une visite du parc du château avant de rejoindre le rendez-vous du NAC. Merci en particulier aux GPS humains Hakim et Jean-Marc, qui semblent opter toujours pour le chemin le plus long. Du coup, je me demande s’ils ont réussi à suivre le parcours du semi. Pour Jean-Marc, je garantis que oui jusqu’à la borne 17 parce que je l’avais en ligne de mire. Brahim, qui assistait Mairead (handicapée par un pouce de pied en feu, mais au mental inoxydable), me voulait sans doute du mal en me suggérant d’aller le chercher. Mais pour la fin, si j’en juge par l’écart que Jean-Marc m’a mis, il a plutôt dû prendre un raccourci. La course avait démarré sur les chapeaux de roue par une sympathique descente dans le centre-ville. Malheureusement la foule et la vitesse ont eu raison de Yasmina, victime d’une chute sur le bitume, avec dommages mais sans gravité.

Une montée vers les bois permettait de s’éloigner des spectateurs et de rentrer dans la fraîcheur et le calme, où l’on n’entendait plus que les foulées et les respirations. On tombait ensuite sur le premier des quatre ravitaillements, à utiliser à titre préventif. Autant sur 10 km on y perd de précieuses secondes ; autant sur semi il faut éviter le coup de barre ou la gorge sèche, qui flinguent l’allure plus sûrement. Et ça fait aussi du bien au moral. Petit conseil : pas les quartiers d’oranges. Chiant à bouffer et après les mains collent à mort, c’est relou. Vient alors la fameuse barrière des km 17-18. A partir delà, on commence à souffrir. Heureusement, Anne et Dominique, blessés, sont venus encourager et prendre des photos pile à cet endroit ; donc on n’a pas encore tous les tronches de travers. Mais après… Kader O., par exemple, a explosé au-delà des 5’ au km ! Je ne suis pas bien placé sur le sujet, mais il y en a peut-être un peu pour son short : tu ne peux pas utiliser les mêmes affaires pour la course à pied et le surf.

C’est à ce moment-là que Pierre H. a été lâché par son coach Abdel, sans pitié. C’est là aussi que Samir a fait son coaching. Dont Mathilda, qui a eu les jambes dures pendant les 21 km, conserve une trace vive dans sa mémoire : « Maintenant tout va seENCADRE ARTICLE RAMBOUILLET MARS 15 faire au mental ; pour tes jambes ça va aller de pire en pire. » Du coup, le préposé à la distribution de tracts pour d’autres courses juste à la sortie de la ligne d’arrivée a dû prendre un peu cher (voir ci-contre en cliquant sur le texte). Erwan traduisait bien cette perplexité : « J’admire leur dévouement, mais j’ai fini ma course depuis quoi ? 2 minutes ? J’ai les jambes en feu, je ne rêve que de clopiner jusqu’au ravito pour pouvoir ingurgiter quelque chose sans m’étouffer. Vous croyez vraiment que tout de suite là maintenant j’ai une folle envie d’avoir la liste de toutes les corridas d’Ile-de-France ? Que je m’intéresse au trail des Crapauds Chanteurs de La Ferté-sous-Chagnoux avec son parcours découverte de 25 bornes et 800 D+ pour les chochottes dans mon genre qui ne s’aligneront pas sur le « normal » de 60 bornes ??? »

Effectivement, bon nombre de Nacards se réjouissait d’en avoir fini. Tout en tirant la langue et une légitime satisfaction d’être allé au bout. Alors quand en plus, comme Sébastien G., vous avez réussi à courir dix secondes plus vite que prévu au kilomètre…

Bruno F.

Retrouvez tous les résultats en cliquant ici, et toutes les photos d’Anne, Hamlili et Dominique en cliquant là.

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