Le Trail Verbier Saint-Bernard, raconté par Marie

Samedi dernier, le 7 juillet 2018, j’ai fait ma plus Grande Course : officiellement 73 km pour 4 800 m de dénivelé positif. Mais mon GPS m’indiquait une promenade de 77 km. J’avais déjà participé et fini l’Écotrail de Paris : 80 km mais avec simplement 1 000 m de dénivelés donc pas du même ordre de difficulté.

C’était le trail Verbier Saint Bernard, la version La Traversée. Départ à 8h00 du matin de La Fouly, un des points de passage sur le tour du Mont Blanc. Un peu frais mais je savais que par suite je n’aurais pas froid. Car cela réchauffe de trottiner ! Toujours la même chanson du doute mais cette fois ci dès le départ.

4 km de route pour étirer le peloton, malgré cela un bouchon au début du sentier de montagne pour notre première montée vers la frontière Italienne par le lac puis le Col Fenêtre à 2 693 m. La semaine précédente nous avions randonné dans la région, dès 2 300 m il y avait des névés. Avec la chaleur des derniers jours il y avait peu de neige. Plus sur l’autre versant, du coup je fais la descente sur les fesses. Et voilà que nous remontons au col du Grand Saint Bernard pour notre premier ravitaillement. Je reconnais une bénévole croisée le mercredi en randonnant.

Je repars pour une descente lente et longue de 13 km pour 830 m négatif. Comme je sais que la course va être longue, je me laisse porter, je ne cherche pas à puiser dans mes réserves. Mais je double quand même un peu de monde : 36 places gagnées.

Bourg Saint Pierre : gros ravitaillement, je mouille ma casquette avant de repartir. Le soleil est présent mais il ne fait pas trop chaud. Une montée progressive de 11 km et de 1 096 m, je commence à repérer des coureurs. Col des Mille à 2 481 m et là nous TRAIL VERBIER JUIL 18 1retrouvons d’autres coureurs qui participent soit au « Marathon » soit à la « Découverte » : donc il y a du monde.

Mais nous ne faisons que 4 km ensemble puis séparation, notre course va sur un nouveau parcourt cette année : au début sans difficulté particulière, 7,8 km pour 380 m de dénivelé négatif pour arriver à la cabane Brunet. Mes enfants savent que nous pouvons y arriver en voiture ou bien à pieds… Et là commence après 44 km de course une nouvelle montée reconnue le dimanche précédent. La neige avait fondu depuis, une descente, passage sur une passerelle longue de 190 m au-dessus du glacier de TRAIL VERBIER JUIL 18 2Corbassière. Puis c’est la remontée vers la cabane de Panossière, autre lieu que mes enfants connaissent bien aussi.

Et là je me dis que je tiens le bon bout : c’était mon objectif. Pour moi la course était presque finie, je n’avais plus que 25 km et 1 280 m à monter. Et au regard du temps passé depuis le matin, je pourrai éventuellement la faire en moins de 15h00. Je rempli une flasque d’eau avec du sel et je repars pour passer par Fionnay pour arriver à Lourtier. Même si j’ai l’impression de ne pas aller vite, je double du monde dans la descente : 40 personnes.TRAIL VERBIER JUIL 18 3

Dernier gros ravitaillement où je bois beaucoup, mange un peu des gâteaux salés et sucrés et demande mon placement provisoire : 1ère V2, et même la 12e féminine. Cela me donne du courage pour affronter la dernière montée appelée « le Mur de Matthieu » : 1 200 m pour seulement 6 km. C’est sur cette partie du parcours que je vois le plus de personnes en difficultés : les 4 courses passent par là. Je me dis que je tiens le bon bout, je m’accroche, le moral m’aide à maintenir un rythme lent mais régulier. Je ne me déplace qu’à 3,08 km/h. Un monsieur s’est « accroché » à moi sur la partie la plus dure de la montée.

Au sommet de la dernière montée a lieu un ravitaillement : je n’arrive plus à manger, je bois du sirop. Je suis partie depuis 13h24, donc je peux finir en moins de 15h00. Il est 21h25, le jour baisse, je troque ma casquette pour la lampe frontale et repars rapidement. Je sens la fatigue mais je vais y arriver : plus que 6 km et 800 m de négatif. Je relance la machine. Il fait froid quand nous sortons du poste. Certains se couvrent. Je reste en tee-shirt.

Arrivée dans le bois, j’allume la lampe frontale mais je me rends compte que je ne peux pas aller aussi vite car la visibilité n’est pas suffisante. Je double encore 13 coureurs de La Traversée et d’autres courses. Le balisage de nuit est aussi bon que de jour. Arrivée sur la route dans Verbier, je constate que je passe au-dessus d’un tapis qui permet de nous annoncer à 800 m avant la fin. Mon mari, bénévole pour la course, m’attend à 100m de l’arrivée et nous passons la ligne d’arrivée ensemble.

Le 20 juin, j’avais dû changer de chaussures de trail car les précédentes étaient trouées lors de mes trois jours en montagne. J’appréhendais un peu : comment protéger mes pieds d’éventuelles ampoules. Du coup j’ai fait mes derniers footings à Paris avec des TRAIL VERBIER JUIL 18 4nouvelles chaussures, un petit trail de 17 km avec 300 m de dénivelé en région Parisienne ainsi que notre semaine de randonnée 5 jours avants : zéro ampoule donc super. Cette année je me suis équipée de mitaines pour ne pas avoir d’ampoule aux mains à cause des bâtons et c’était aussi une bonne idée.

Et je suis montée sur le podium, première de ma catégorie en 14h25, 12e féminine, 180e sur 651 coureurs qui ont fini, à mon grand étonnement. Je suis Parisienne et on ne peut pas dire qu’il y a beaucoup de montagne à côté. L’entraiment m’a aidé : faire des escaliers le vendredi soir, monter et descendre jusqu’à 40 fois 76 marches… et le dimanche des sorties dans le parc de Saint Cloud pour y faire du dénivelé.

Marie T.